C'est dans une riche communauté qu'est née notre héroïne. Ses parents, étant Seigneurs, elle eu la chance de grandir dans un environnement plus que doré. Les vêtements luxueux, la nourriture de choix, l'enseignement de la part des meilleurs maîtres, les bals, elle n'avait droit qu'au meilleur de ce que ce monde pouvait lui offrir. Fille unique, ses parents cédaient aux moindres de ses caprices, la jeune demoiselle voulait un poney, on s'empressait de lui trouver le plus beau des poneys, même si cela devait coûter le prix de corvée d'au moins 25 serfs.
Comme tous les enfants, Wajo ne connaissais même pas la chance qu'elle avait. C'est lorsqu'elle eu une quinzaine d'années, qu'on lui annonça son mariage prochain avec le fils d'un autre seigneur. Pour Wajo, ce fut une annonce terrible, elle ne voulait pas quitter ses écuries avec ses 24 chevaux, ni son chenil où l'attendait ses 101 chiens, ni ses 300 maisons de poupées ( elle était un peu grande pour y jouer mais elle aimait bien les regarder). Pendant plus d'un mois, elle avait tenté de s'enfuir, de soudoyer les bonnes, le garde chasse, peu importait ce qu'elle faisait, rien ne fonctionnait. Finalement, ses parents un peu fatigués de la situation avait fini par ériger une tour immense où ils avaient enfermé Wajo pour être certains qu'elle ne puisse se sauver.
À l'intérieur, il y avait tout le nécessaire, une bonnes, une cuisinière, ses maisons de poupée, deux de ses chiens, de splendides draps de satin ornementais sa chambre...mais c'était toujours une prison... une prison dorée, mais une prison tout de même. Un mois ne s'était pas écoulé depuis son enfermement, que les serfs, fourbus, affamés et enragés par les taxes et les corvées demandées par le Seigneur, débarquèrent en masse. Ce fut un carnage dévastateur. Le Seigneur et sa femme ne survécurent pas à l'attaque et furent égorgés avant d'être laissé accroché dans une cage de fer afin qu'on se rappelle de loin que le temps des Seigneuries était révolu.
Wajo, avait assisté impuissante au massacre de ses parents, de sa nourrice, elle avait vu ses chiens se faire égorgés avant qu'on les fasse rôtir sur la braise, sa maison, le château dans lequel elle avait grandit avait été réduit à l'état de ruine...il ne restait plus rien que cette tour, cette prison dorée. Malgré toutes les attaques perpétuées, rien n'avait pu ouvrir la lourde porte qu'on avait barricadée de l'intérieur.
On avait fait un siège devant la tour, se disant que la jeune femme finirait bientôt par sortir...mais après trois mois, personne n'en n'était sortit et les serfs en colère crurent qu'il n'y avait plus âme qui vive. Peu à peu, on commença à dire que l'endroit était hanté et maudit, on disait même qu'on avait vu errer dans les bois, une jeune femme à la chevelure brune qui circulait silencieusement dans les bois puis presque disparaître par magie...
À vrai dire, pendant les trois mois de siège, Wajo était bien vivante, elle avait vu leur réserve de nourriture s'amenuiser, puis elles avaient manger les chiens, puis les insectes, puis la bonne ( une vieille mégère) était morte la première. Les deux femmes restantes avait dû se nourrir à même la chaire de la défunte. Puis ça avait été le tour de la cuisinière, qui avait été mangé crue puisque le bois manquait...Wajo avait restée presque 4 mois seule, pour seule compagnie les cadavres des deux femmes. Puis elle avait décidé de tenter sa chance. Elle ne savait pas pourquoi, mais elle savait qu'elle devait sortir si elle voulait vivre...À l'aide de ses draps, elle s'était fait une corde puis était descendue, non sans craindre de se tordre le cou à plusieurs reprises, la muraille. Elle erra quelques temps dans les bois, craignant la compagnie de ses semblables, se nourrissant de racines, de baie et de petits animaux qu'elle chassait avec ses maigres moyens...
Lorsque l'hiver arriva, la pauvre entendit un groupe d'hommes et de femmes qui passaient dans la forêt. Inquiète, elle se cacha mais lorsque le groupe s'arrêta pour faire un camp, Wajo ne pu s'empêcher de s'approcher, elle avait si froid et les vêtements de bête qu'elle portait ne l'aidait guère à se réchauffer!!! Lorsque le groupe de moines la repéra, on s'apprêtait à la tuer mais finalement, on la prie en pitié. On lui donna du pain, un peu d'eau, une couverture. Le groupe se rendait à leur guilde, et c'est sans un mot et à quelques pas de distance, que Wajo les avait suivit.
Cela faisait presque quinze ans de cela et Wajo était toujours une énigme pour la guilde des moines qui l'avait adopté. C'était une femme silencieuse, on ne l'avait jamais entendu prononcer le moindre mot. En fait, elle ne communiquait que rarement, regardait même rarement les gens dans les yeux. Elle craignait les groupes de gens et pleurait lorsqu'elle voyait des chiens...jamais elle ne mangeait de viande, on aurait dit que cela l'écoeurait...malgré tout, c'était une femme avec un grand coeur et une guerrière redoutable...Pour Wajo, la vie de château était maintenant terminée, mais elle avait une nouvelle vie...parfois, lorsque la tristesse s'emparait d'elle, elle quittait la guilde pour aller près de l'eau, là bas, elle pleurait doucement en caressant de sa main, une fin chaînette d'or dont la breloque représentait une un pentagramme. C'était là, le seul souvenir de sa vie antérieur.